Adapté d'un conte russe.
Tiré du livre: Mille ans de Contes.

Il y avait une fois un petit chat très gentil mais très
désobéissant. Si on lui disait << Ne fais pas ça ! >>,
aussitôt il avait une envie ir-ré-sis-ti-ble de le faire !
Un jour, il alla se promener dans le jardin et la petite
fille qui était sa maîtresse lui dit :
- Reste près de la maison, sinon, tu vas te perdre.
Le portail du jardin était ouvert. Que fit le petit chat?
Il avança près du portail...mit une patte dehors...
puis une autre...et en trottinant, le voilà qui part
fièrement vers le bois !

<< Que de belles choses à voir ici, se dit-il, c'est plus
amusant que de se promener dans le jardin.
On dirait que je serais un tigre...>>
Prenant un air important, il redressa fièrement
la tête et joua à marcher entre les arbres comme un
tigre dans la jungle. Longtemps, il s'amusa, sans voir 
que la nuit tombait...
Tout à coup, il se rendit compte qu'il
faisait noir, que les petits oiseaux ne chantaient plus,
et qu'il était perdu ! Partout autour de lui, de grands
arbres qui se ressemblaient. Comment retrouver le
chemin de la maison ? Il s'assit et se mit à pleurer.
Au bout d'un moment, un petit lapin passa près de là
et s'approcha du chaton.
- Pourquoi tu pleures ? demanda le lapereau.
- Je suis perdu, répondit le petit chat.
- Qu'est-ce que tu vas faire, reprit le petit lapin,
tu vas rester là toute la nuit ?
À l'idée de rester là toute la nuit, le chaton se mit à
pleurer de plus belle. Alors le petit lapin lui dit :
- Ne pleure plus, je t'emmène dans ma maison,
mais il faut se dépêcher, maman doit m'attendre.
Les voilà partis tous les deux en courant. Arrivés au
terrier, le lapereau dit au chaton :
- Qu'est-ce que tu cours vite et qu'est-ce que tu 
sautes bien ! Tu es le plus rapide de tous les 
petits lapins que je connais !                                         
Puis il dit à la maman lapin :
- Maman, j'ai trouvé un bébé lapin perdu dans les bois,
je lui ai dit de venir avec moi.
- Tu as bien fait, dit la maman lapin.
Mangez et allez vite vous coucher.

Le petit lapin s'installa devant une belle salade et
commença à manger. Mais le chaton se remit à 
pleurer. - Qu'est-ce que tu as ?
demanda le lapereau, bien étonné.
Tu n'aimes pas la salade ?
- Non, gémit le petit chat, je n'en ai jamais mangé.
En entendant pleurer, la maman s'approcha et examina
son jeune invité. Elle s'écria :
- Mais tu n'es pas un lapin !
Aussitôt, toute la famille fit le cercle autour de cette
bête inconnue. La grand-mère, une vieille lapine pleine
d'expérience, dit au chaton :
- Je parie que tu grimpe aux arbres.
- Bien sûr que je grimpe aux arbres, répondit-il.
- Les lapins ne montent pas aux arbres, reprit la
grand-mère, mais les écureuils, oui ! Regardez, une
longue queue, de petites oreilles... c'est un bébé 
écureuil. - Un bébé écureuil !
un bébé écureuil ! Oh, qu'il est
mignon ! s'écrièrent tous les petits lapins.
- Viens avec moi, dit le papa lapin, je vais te ramener
chez les tiens.
Il le conduisit au pied d'un arbre et appela :
- Hou, hou ! monsieur Casse- Noisette !
- Oui, qu'est-ce que c'est ? cria une voix en haut
de l'arbre.    
- C'est un bébé écureuil qui est perdu. Vous pouvez le
rendre à sa famille ?
- Bien sûr ! Dites-lui de monter.
Le petit chat n'avait pas l'habitude de grimper aux
arbres, il lui fallut du temps pour arriver jusqu'en haut
du tronc. Là, au creux des branches, il se glissa dans
la maison de Casse-Noisette. Très occupé à ranger
ses provisions d'hiver, celui-ci fit à 
peine attention à lui.- Ne te gêne pas, lui dit-il. Mange, demain nous
chercherons tes parents.
Le petit chat avait très faim mais il se mit en colère en
voyant qu'il n'y avait que des noisettes. D'un coup de
patte, il les éparpilla.
- Mais, qu'est-ce que c'est que ces manières ?
s'écria monsieur casse-Noisette. Je vais t'apprendre
à jeter la nourriture, moi !
Déjà, il levait la patte pour battre le chaton mais il
s'arrêta :
- Mais... tu n'es pas un écureuil ! Qui es-tu ?
- Je ne sais pas, dit en pleurant le chaton.
Je ne sais pas qui je suis, mais j'ai faim.
- Allons, ne pleure pas, répondit l'écureuil. Qu'est-ce
que tu veux ? Des pommes de pins,
des champignons séchés ?
- Non, dit le chaton, je veux une souris.
Une souris ! s'écria l'écureuil. Pourquoi es-tu 
venu ici. Tu n'avais qu'à dire tout de suite que tu 
es un petit hérisson !
Viens je te ramène chez toi.

Ils descendirent tous les deux de l'arbre et l'écureuil
emmena le petit chat chez madame Hérisson.
- Madame Hérisson, dit-il, voici un bébé hérisson qui
s'était perdu dans le bois ; je vous le ramène.
Bonne nuit.
- Merci, monsieur Casse-Noisette, bonne nuit !
répondit madame Hérisson, qui était couchée près
de ses enfants.
- Va vite manger, dit-elle au chaton, il reste une
souris, puis viens te coucher.
Le petit chat croqua vite sa souris puis voulut se
blottir contre les petits hérissons mais il se piqua
très fort.
- Aïe ! Vous m'avez fait mal, vous m'avez piqué,
cria-t-il, en s'élançant hors du nid.
Maman hérisson examina le petit chat.
Tu es une drôle de bête, lui dit-elle. En tout cas,
tu n'es pas un hérisson.
Elle retourna tranquillement près de ses enfants,
sans plus s'occuper du chaton qui se mit de nouveau
à pleurer et à crier désespérément :
- Miaou ! Miaou !
Au bout d'un moment, une chouette vint se poser
près de lui et lui dit :
- En voilà du bruit pour un si petit chat !
- Un petit chat ? Je suis un petit chat ? demanda
le chaton, tout content.
- Bien sûr ! Tu habites dans la maison près du bois,
de l'autre côté de la route, dit la chouette qui
connaissait bien tous les environs.
- Oh ! S'il te plaît, ramène-moi à la maison,
je suis perdu, supplia le petit chat.
- Suis moi, dit la chouette en s'envolant.
Le petit chat la suivit en courant.
Ils traversèrent le bois, puis une route et arrivèrent
près d'une maison.
- Tu es sûre que c'est ici ? dit le chaton.
Mais déjà, la chouette était repartie vers le bois.
Le petit chat examina le portail, le jardin, la maison
et s'écria :
- Mais oui ! Je suis chez moi !
Et il se mit à appeler de toutes ses forces :
- Miaou ! Miaou ! jusqu'à ce que la petite fille
vienne le chercher. Bien au chaud dans ses bras,
il se dit : << Je n'irai plus jamais me promener
tout seul dans le bois >>

 

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